18 MEMORIALE ITALIANO orientale de l’Italie, centre de ralliement de chemins de fer de grande envergure et centre principal des routes qui s’ou-vrent vers les trois chaînes de montagnes: les Juliennes, les Carniques et les Caravanques. Le nom de Terviso (Trois Visages) lui vient probablement de ce que le passage est ouvert dans trois directions ainsi que Napoléon put en faire l’expérience lorsque, voulant assurer la défense du Frioul et de l’Italie, il souda la haute vaullée du Fella avec Weis-senfels à Tarvis et à tout son royaume italien. Des raisons découlant de considérations économiques s’ajoutent à celles d’ordre militaire pour recommander une solution qui seule peut rendre viable la communication directe entre la vallée du Fella et la haute vallée de l’Isonzo par un chemin transversal de 17 kilomètres (au lieu de 150). A cette rectification l’on ne peut certes pas faire des objections de caractère ethnique, car la population de cette bande de territoire est seulement, de 5,800 âmes, à vrai dire surtout des Allemands. LA FRONTIERE TERRESTRE ORIENTALE 11 faut suivre aussi dans le territoire de la Vénétie Julienne ces mêmes indications que nous offrent la nature et l’histoire, si l’on veut rectifier la faute inique par laquelle l’Italie fut obligée, en 1866, de recevoir comme frontière du côté de l’Autriche la ligne tout à fait artificielle établie par le Gouvernement de Vienne entre deux de ses circonscriptions administratives: le royaume Lombardo-Vénitien et la province vénitienne du Littoral. Pour tracer la nouvelle frontière de l’Italie il faut arriver à la ligne de partage des Alpes Juliennes, jusqu’au golfe de Quarnero, en obéissant aux mêmes idées directrices de séparation géopraphique, de défense naturelle, de tradition historique, de rachat des populations. Les géographes de tous les pays et de toutes les époques ont placé sur les Alpes Juliennes les frontières de l’Italie. La région vénéto-julienne a suivi un développement historique comparable à celui de toutes les autres parties de la péninsule italienne, avec cette seule différence que le mouvement de réintégration du territoire national qui a regroupé l'Italie dans un seul système politique avait été incapable jusqu’à présent de racheter ces régions extrêmes de la patrie italienne, de même que Venise était restée irrédimée jusqu’en 1866 et la Lombardie jusqu’en 1859. Si l’on remonte de la mer à la montagne, on retrouve à chaque pas les traces de Rome et de Saint-Marc, se rattachant encore à présent à la vie du peuple et dont les moeurs, l’état d'âme sont dominés