LE RÉGIME PRÉFÉRENTIEL 205 une fabrique de munitions, de canons, de mitrailleuses ou de gaz asphyxiants ; les tragiques collusions d’intérêts qui peuvent en résulter, les bénéfices scandaleux de la guerre, les peuples et les gouvernements réduits en otages des magnats des industries lourdes, ont provoqué contre les ententes industrielles un profond mouvement de méfiance et de suspicion. J’ai dit que j’appartenais aux partisans de la troisième opinion, c’est-à-dire aux partisans du contrôle et de la publicité des cartels. Le moyen le plus efficace, en effet, pour réduire et limiter le potentiel de guerre industriel, pour empêcher les ententes internationales de devenir des instruments d’oppression et de guerre, c’est la publicité la plus grande donnée à leurs statuts et règlements intérieurs. La conférence économique internationale de Genève, dès 1927, a voulu réaliser sur ce point les principes qu’elle avait proclamés ; elle a cherché à encourager en ce sens les leaders des cartels et des trusts. « La publicité donnée à la nature et à l’activité des ente tentes industrielles internationales constituera un des « moyens les plus efficaces, d’une part, pour assurer l’appui « de l’opinion publique aux ententes dont la réalisation « sert l’intérêt général et, d’autre part, pour empêcher les « abus éventuels. Il y a intérêt à analyser et à classifier « les ententes internationales les plus importantes qui ont « été conclues, ainsi que les formes juridiques et écono-« miques variées qu’elles ont revêtues et les lois qui les « régissent. » Le comité consultatif économique, en 1928, recommandait tout particulièrement « l’examen et l’étude attentifs « des statuts, des formes juridiques de ces ententes indus-