CHAPITRE II. — L’Europe centrale et orientale. Avant la guerre de 1914. — Ethnographie, le droit de la guerre, Ambitions et Rivalités, la liaison d’Etat. — Lea Etats riverains du Danube. Depuis les traités de Paix : la dislocation austro-hongroise. — Nouvelles frontières, Etats successeurs. Dans tout essai ethnographique, il ne faut pas perdre de vue les conséquences qui résultent, pour les destinées des peuples, de la configuration des divers continents. Ainsi, peut-on se rendre compte delà plupart des contrastes qu’offrent les peuples soumis sur la terre aux influences diverses du milieu qui les entoure. Ainsi, peut-on les suivre dans le flux et le reflux de leurs migrations et de leurs guerres. Il ne faut pas perdre de vue non plus que, tout en subissant l’influence du milieu, l’homme le modifie à son profit par son travail et par son intelligence. Tel fleuve qui, pour une peuplade ignorante de la civilisation, était une barrière infranchissable, a été transformé en chemin de commerce par une tribu plus policée ; il a même pu être, comme nous venons de le voir pour le Danube, changé en un canal, dont l’homme règle la marche à son gré. En Europe centrale et orientale, les seules routes pour les Barbares étaient celles qu’avait ouvertes la nature, les peuples asiatiques ne pouvaient pénétrer en Europe que par deux voies : celle de la mer et celle des grandes plaines du Nord. Or, à l’ouest de la mer Noire, les Barbares trouvaient d’abord les lacs et les marécages difficiles à franchir, de la vallée du Danube. Après avoir surmonté ces obstacles, ils rencontraient la haute barrière des montagnes, au delà desquelles le dédale boisé des gorges et des