LE RÉGIME PRÉFÉRENTIEL 209 Ententes industrielles aux tentatives d’Anschluss austro-germain. « Il est manifeste, écrivait M. François Poncet, auteur « du mémorandum, que le projet d’union douanière austro-« allemande, pour prendre corps, n’exigera ni moins de « temps ni moins de peine que les ententes internationales « qui peuvent être conclues pendant l’élaboration du « projet. Décider en principe l’Union douanière austro-« allemande, c’est vite dit; la réaliser en fait, c’est plus « long. Dans la pratique, les gouvernements allemand et « autrichien seront obligés de reviser, article par article, « toute la convention commerciale, qui règle à l’heure ac-«• tuelle les échanges des deux pays. Sur la plupart de ces « articles, il y aura discussion et résistance. On devra « probablement établir des tarifs intermédiaires, pour « ménager la transition et sauver un grand nombre d’in-« dustriels autrichiens d’une chute brutale. Il ne faut pas « oublier en effet que le schéma dit « de Salzburg », établi « en octobre 1918, avait, sur la demande des industriels « d’Autriche-Hongrie, prévu pour la moitié des positions « de ce pays, « des tarifs intermédiaires » au cas de l’U-« nion douanière avec l’Allemagne. Les commentaires « qui ont accompagné la publication du projet dans les pays « intéressés, n’ont pas caché d’ailleurs, qu’un très long « délai serait nécessaire avant que l’Union fût achevée. » Le programme de redressement économique exposé dans le mémorandum prévoyait d’ailleurs des mesures exceptionnelles permettant d’apporter une aide immédiate et efficace à l’Autriche : « L’Autriche, qui apparaît au centre de l’Europe, comme « une plaque tournante de ce continent, doit vivre prin-« cipalement de son commerce extérieur avec les Etats i»