248 DANUBE ET ADRIATIQUE Comment, en contre-partie, le gouvernement de la République fédérale, mis en demeure de choisir entre l’Autono-mie et 1’Anschluss, montra-t-il et montre-t-il d’inquiétantes hésitations ? Sur la première question, et pour y répondre, il faut remonter aux protocoles signés à Genève le 4 octobre 1922. Aux termes de ces protocoles, 650 millions de couronnes-or furent mis à la disposition de l’Autriche : l’emprunt fut gagé sur les recettes des douanes et ses annuités furent garanties par les puissances signataires desdits protocoles. Comme contre-partie, la Société des Nations installa à Vienne un contrôle permanent, chargé de veiller à la réalisation des réformes administratives et financières qui avaient été jugées indispensables. L’Autriche, enfin, signa les engagements suivants : « Le gouvernement de la République fédérale d’Autriche « s’engage, dans les termes de l’article 88 du traité de Saint-« Germain, à ne pas aliéner son indépendance. Il s’abstien-« dra de toute négociation et de tout engagement écono-« mique et financier, qui serait de nature à compromettre « directement ou indirectement cette indépendance. Cet « engagement ne s’oppose pas à ce que l’Autriche conserve, « sous réserve des dispositions du traité de Saint-Germain, « sa liberté en matière de tarif douanier et d’accords « financiers mi commerciaux, et en général pour tout ce « qui touche à son régime économique ou à ses relations « commerciales, étant entendu toutefois, qu’elle ne peut « porter atteinte à son indépendance économique par l’oc-« troi à un Etat d’un régime spécial ou d’avantages exclu-« sifs, de nature à menacer cette indépendance. » Sous le régime de ce protocole de 1922, l’Autriche vécut jusqu’en 1931, Elle vécut assez bien, avec des hauts et des