166 DANUBE ET ADRIATIQUE Deux questions se posent : l’accord est-il pleinement réalisé sur l’Anschluss ? L’Autriche et l’Italie sont-elles d’accord pour contrecarrer les intentions allemandes ? En second lieu, à quel prix M. Mussolini a-t-il accordé à M. Dollfuss le concours de son amitié ? L’Allemagne déclare dans le Tæglische Rundschau que « ce n’est pas par de nouvelles orientations politiques qu’à « la longue, on empêchera l’Autriche de se rattacher à « l’Allemagne ». Dans la Prager Presse, la Tchécoslovaquie rappelant les arguments révisionnistes du Duce, constate que c’est surtout pour la « justice hongroise » que M. Mussolini plaide et que nul ne peut croire que cette justice-là mène à la paix. A la phrase du Duce : « Les remparts vermoulus « du pacte de la Petite Entente ne retiendront pas la révi-« sion », le journal de Prague ajoute ce commentaire : « Ce « qui retiendra ce rempart, ce sont les forces vives qui « sont derrière ce pacte ; c’est la saine raison et la vraie « justice, dont le respect est le devoir, non seulement de « la Petite Entente, mais aussi de tous ceux qui tiennent « à la paix ». En France, l’opinion a été alertée. Une vive émotion a été soulevée par le projet Mussolini-MacDonald ; le gouvernement s’est trouvé devant une décision à prendre, plus grave peut-être que toutes celles qui ont été prises depuis la guerre. D’où vient exactement ce projet, s’est-on demandé tout d’abord ? Les véritables auteurs ne sont ni Mussolini, ni MacDonald. Le projet en question fut présenté une première fois en 1932 à la Conférence de Lausanne par Von Papen et son ministre des Affaires étrangères Von Neurath,