CHAPITRE IV. — Les Balkans en feu, 1912 W. La guerre italo-turque. — La guerre des Balkans. — Situation générale. Le statu quo dans les Balkans et le principe de l’intégrité de l’empire ottoman ne tardèrent pas à être troublés. Ce fut d’abord l’Italie, poursuivant la réalisation de ses intérêts en Tripolitaine et en Cyrénaïque, déclarant la guerre à la Turquie et lui imposant le traité d’Ouchy du 15 octobre 1912. La Porte renonça à sa souveraineté sur la Tripolitaine, et l’Italie se proposa de garder jusqu’à nouvel ordre, en garantie de l’exécution du traité, les îles qu’elle occupait dans la mer Egée. Puis, ce fut l’explosion balkanique contre la Turquie. Celle-ci avait accordé, en effet, le bénéfice de certaines réformes aux Albanais et elle n’avait pas voulu les étendre aux chrétiens de Macédoine. Un traité d’alliance serbo-bulgare fut signé à Sofia et étendu à la Grèce et au Monténégro. La guerre éclata, en dépit des essais de médiation proposés par la France aux grandes puissances. Les Serbes et les Bulgares battirent les Turcs, et ce résultat inattendu amena de sérieuses divergences de vues entre la Russie, l’Autriche-Hongrie et l’Angleterre sur le maximum d’avantages qui pourraient, après la guerre, être concédés aux Etats balkaniques. De son côté, l’Allemagne, profondément déçue par l’échec des Ottomans, entrevoyait la faillite de sa politique orientale depuis 20 ans. Les intrigues se multipliaient en vue (1) Poincaré, Au service de la France, Paris, Pion, 1926,