ALLEMANDS CONTRE SLAVES frayant guère avec leur redoutable voisin qu’à coups de yatagan et de fusil, les Monténégrins, gouvernés par leursvladikas (i ) — princes-évêques —virent donc se limiter leur existence politique à la défense et au maintien de leur indépendance. Ils le firent avec héroïsme et aussi avec succès, puisqu’en i852 l’empereur Nicolas ]or, après un échange de vues avec l’Autriche, donna l’investiture souveraine au prince Danilo. Quelques années plus tard, le premier prince temporel du Monténégro demandait au Congrès de Paris, outre la reconnaissance de son indépendance vis-à-vis de Constantinople, un agrandissement du territoire de la principauté et un débouché sur la mer. Et voici en quels termes il parlait au consul de France, venu à cette occasion à Cettinjé : « Si la France connaissait mes droits, j’ai la conviction qu'elle me ferait justice. Si je n’avais écouté que mon désir, je serais allé à Paris, j’aurais demandé une audience à l’empereur, je l’aurais pris pour juge et pour arbitre, et quelque chose me dit que je serais revenu satisfait. (1} Depuis l'abdication de George V, dernier prince séculier de la dynastie d’Ivan Tserni.