allemands contre SLAVES culiers à toute heure du jour et de la nuit, et ce, sans avoir reçu aucun mandat du pouvoir judiciaire. Les gendarmes tirent sur les pauvres paysans non armés lorsque ceux-ci ont l’audace de défendre leurs filles et leurs femmes contre les appétits par trop exigeants de soldats sans vergogne. L’espionnage est érigé en système gouvernemental. Faire un complot artificiel pour se débarrasser d’hommes oppositionnaires, cela se pratique tous les jours. On défend aux indigènes de passer d’un arrondissement à un autre sans autorisation de la police. L’état de siège des villes est un fait ordinaire. Maltraiter les citoyens dans les rues ou dans les prisons; punir sévèrement ceux qui entretiennent des relations avec les Serbes de Serbie ou avec ceux de Monténégro — voilà encore des faits quotidiens de la « police européenne » imposée par le Congrès de Berlin à la Bosnie-Her-zégovine. La morale publique, elle aussi, est fortement menacée. Les maisons de tolérance que notre peuple, avant l’occupation, connaissait à peine de nom, existent et prospèrent aujourd’hui dans toute la Bosnie-Herzé-govine, à la grande désolation et pour le profond dégoût des Serbes des trois confessions. La Bosnie- — 235 — 16.