ALLEMANDS COUTRE SLAVES de quelque bribe de leur patrimoine jusqu’alors sauvée du désastre ; c’est la perspective lamentable de n’avoir échappé aux massacres du Turc que pour être en fin de compte submergés par la vague teutonne qui du Nord roule vers l’Orient. Sauf en Russie, où une notable fraction de la presse a toujours suivi avec attention ce qui se passe dans le monde slave et touche de si près le cœur à demi maternel de la Grande-Soeur, la poussée allemande n’est guère connue du grand public européen, français surtout, que depuis deux ou trois ans, par le réveil de la Question Macédonienne et par la guerre économique au moyen de laquelle le cabinet du Ballplatz a essayé de ruiner et d’affamer la Serbie avant de menacer de l’envahir. Victimes de cette progression de la pénétration allemande, patiente, silencieuse et implacable, témoins anxieux de cette conquête méthodique de leur propre sol, les Slaves sont trop insuffisamment pourvus de journaux — d’ailleurs peu lus en Europe, en dehors des pays allemands — pour pouvoir faire connaître le péril qui les menace comme hommes et comme nation. Par ce qui s’est passé en Pologne prussienne, on — 14 — I