ALLEMANDS CONTEE SLAVES La ville d’eau bosnienne, « llidja », située près de Sarayévo et dont la renommée est si grande, est aussi une création de Callay. C’est à llidja que Callay recevait ses hôtes, surtout des journalistes européens, dans le but de leur faire admirer les progrès du pays. On les faisait se promener dans la partie allemande de Sarayévo, où les édifices gouvernementaux, les monuments publics, les tramways, les quais et l’éclairage électrique les émerveillaient. On leur montrait encore les « villages de Potemkine », dans le pays, le long de la ligne du chemin de fer; et, en leur honneur, on donnait des chasses, on faisait des courses de chevaux, on organisait des banquets, le tout avec un étalage de luxe inouï. Enfin, avant leur départ, on leur distribuait argent et décorations afin de stimuler leur zèle et d’augmenter la complaisance de leurs écrits à l’égard du gouvernement de l’Autriche en Bosnie-Hei-zégovine. Cependant, de zélés policiers leur interdisaient de s’aventurer plus loin dans le pays, afin de dissimuler à leurs yeux la misère du peuple. C’est en se servant de pareils moyens, et en étouffant sans pitié toutes les protestations nationales, que Callay réussit momentanément à tromper l’opinion