ALLEMANDS CONTRE SLAVES du traité de commerce n’étaient pas rompues ; on les laissa seulement traîner en longueur, dans l’espoir que le gouvernement de Belgrade serait à bref délai contraint de faire amende honorable par suite de la mévente des porcs, du bétail et du blé. Mais, cette fois, Belgrade avait pris d’adroites précautions qui avaient pleinement réussi. Des voies nouvelles avaient été ouvertes à l’exportation serbe grâce auxquelles, en quelques mois, un nouveau courant commercial avait été établi qui permettait à la Serbie d’échapper à la crise économique dont sa puissante voisine la menaçait. Pour que le conflit douanier, né de la discussion du nouveau traité de commerce austro-serbe, ait pris des proportions aussi inattendues et que la question économique, par suite des exigences de Vienne, ait dégénéré en une question de dignité nationale, il fallait que des intérêts politiques de haute gravité et de portée lointaine fussent entrés en jeu. — Le Livre bleu serbe, publié par M. Pachitch au commencement de 1906, vint à propos présenter la question sous son véritable jour, en révélant, au moyen de documents diplomatiques, que dans cette affaire le cabinet de Vienne avait été guidé par des motifs - 115 -