14 EN MÉDITERRANÉE par surcroît de précaution, cette façade somptueuse n'avait pour entrée qu'une étroite poterne dérobée, qu’un couloir souterrain mettait en communication avec l’intérieur du palais : sortie discrète et furtive, ménagée peut être pour les besoins du service impérial, et peut-être pour les dangers pressants, où il faudrait s’enfuir vers l’inflni des flots. A l’intérieur aussi, le plan général du palais était celui d’un camp. Deux grandes rues, qui unissaient l’une à l’autre les quatre portes de l’enceinte fortifiée, le traversaient du nord au sud et do l’est à l’ouest, se coupant à angle droit à peu près au centre de l’édifice. Là, à l’endroit même où, dans les camps romains, s’élève d’ordinaire le prætorium, une vaste cour intérieure occupait le milieu du palais. Par la boauté do ses proportions, la richesse de sa décoration, la magnificence des bâtiments qui l’avoisinaient, c’était, à ce qu’il semble, une des plus belles parties de la demeure de Dioclétièn, l’une de celles où l’architecte s’était le plus appliqué à donner uno haute idée de la toute-puissance impériale : et, de fait, aujourd’hui encore, toute défigurée quelle est, cette place, devenue le centre du moderne Spalato, comme elle l’était de l’antique palais, rappelle ce que l’empire romain nous a laissé de plus majestueux. Sur les deux longs côtés de l’est et de l’ouest, deux portiques bordent la place, formés de hautes colonnes corinthiennes en granit d’Égypte et en marbre blanc; sur leurs magnifiques chapiteaux s’appuient de grandes arcades ; et, plus haut, un puissant entablement sculpté dessine en vigueur ses lignes droites sur le ciel. Au fond de la place, vers le sud, s’ouvrait l’entrée principale des appartements impériaux. Un péristylo la pré-