LEÿ5 FOUILLES DE SALONE 53 tures l’intérieur des basiliques. Ce fut, au reste, semble-t-il, sans grand succès. A Salone, les chapelles des martyrs sont pleines de sarcophages et de sépultures, et d’autres sarcophages se pressent sous le portique des basiliques. C’était la place réservée de préférence aux gens de hauto condition, fonctionnaires publics, membres de la noblesse d’empire, citoyens riches et considérés, peut-être aussi aux descendants de la famille à qui appartenait toujours le domaine; bientôt, l’espace étant insuffisant, on dut se résigner a ensevelir les morts dans le terrain avoisinant, et une série de dates inscrites sur les épitaphes montre que, depuislecommen-cement du ive siècle jusqu’au milieu du ve, le cimetière des martyrs ne cessa point de s’agrandir. Il n’est point sans quelque intérêt de parcourir ces inscriptions funéraires : les unes sont de gens illustres, qui se sont fait élever là de pompeux monuments; d’autres sont plus humbles et plus touchantes, celles surtout de ces jeunes filles mortes « après avoir, au jour rédempteur de Pâques, obtenu la grâce du baptême glorieux », ou qui, « ignorantes du mal, iront s’asseoir dans la compagnie des âmes pieuses ». Mais chez toutes c’est Je même désir d’approcher le tombeau des saints. « J'ai fait élever, dit une épitaphe, mon petit sarcophage auprès des martyrs de la région centrale (ad medianos martyres) » ; et la pieuse Honoria, femme d’un proconsul d’Afrique, en se faisant enterrer dans la tombe où reposait déjà un de ses enfants, n’était pas moins soucieuse d’être admise à la compagnie des martyrs (martxjribus adscita). Entre temps, une dernière transformation s’était accomplie dans la condition du cimetière de Salone. C'était pour les anciens un souci des plus graves de