EMPEREURS ET IMPÉRATRICES D’ORIENT 237 monastère. Tels étaient le respect et l’affection du peuple pour le sang de la dynastie macédonienne, que, malgré les crimes et les folies de Zoé, tout Constantinople s’insurgea. Les uns mirent à leur tête le patriarche Alexis, les autres tirèrent de son couvent la vieille Porphyrogénète Théodora. Un monastère où l’empereur s’était réfugié fut, malgré le droit d’asile, pris d’assaut, et le Calfat, traîné sur la place du Sigma, eut les yeux crevés. Zoé, ramenée dans Byzance, partagea le trône avec Théodora. Les deux princesses ne s’accordèrent pas longtemps; Théodora rentra dans son monastère, et Zoé se mit en quête d’un mari. La triple expérience qu’elle venait de faire avec Romain III et les deux Michel, les prohibitions de l’Église contre les troisièmes noces, ne purent l’arrêter. Elle croyait se dévouer ainsi au salut de l’empire. Du moins, elle voulut s’assurer d’un époux obéissant et souple : elle avait jeté les yeux d’abord sur un certain Dalassène, qu’elle écarta comme étant d’humeur trop indépendante ; puis sur un certain Arto-clinès; mais il était marié, et sa femme refusait d’imiter le dévoûment de celle de Romain Argyre. Enfin, le choix de Zoé s’arrêta sur Constantin Mono-maque, qu’elle avait autrefois comblé de ses bienfaits, peut-être de ses faveurs les plus intimes, et que son second mari, sans doute dans un accès de jalousie, avait exilé. La Porphyrogénète courait sur ses soixante-cinq ans : son âge et ses mœurs la rendaient peu séduisante; pour être empereur, Mono-maque accepta sa main. Aussi dissolu que Zoé, il ne sut même pas garder les apparences. Il avait pour maîtresse une jeune veuve, de la noble famille des