EMPEREURS ET IMPÉRATRICES D’ORIENT 249 murs étaient tapissés de mosaïques de marbre, où cinq colonnes de marbre soutenaient le dais du lit impérial. Quand elle fera ses couches, ce sera clans le palais de Porphyre, afin que ses enfants, filles ou garçons, soient des « porphyrogénètes » et possèdent toute la quantité de légitimité que comporte la constitution byzantine. Elle est impératrice, elle est Augusta, Basilissa, Despoïna (maîtresse); on la traite de Royauté et de Majesté; elle porte la couronne et le sceptre en forme de branche de lis, symbole de pureté. Quel qu’ait été son père, elle est « d’origine divine » et presque une divinité. Tout ce qui lui appartient est sacré, comme ce qui appartient à l’empereur. Elle figure sur les monnaies à la gauche de son époux, au-dessous d’un Christ qui étend ses mains sur leurs têtes. On a vu des empereurs accorder à des Augustæ le droit de battre monnaie, comme Constantin à sa mère Hélène. On en a vu leur élever des statues sur les places publiques, comme Théodose II à Eudokia sa femme. Suivant les circonstances, l’Augusta pourra disposer de l’empire ou être empereur pour son propre compte. Sa vie, inséparable de celle de son époux, est toute de représentation, de processions, de réceptions, d’offices religieux. Elle a sa maison à elle, mais uniquement composée d’eunuques ou de femmes; comme le prince, elle a son préposé, ses silentiaires, ses ostiaires, ses cubiculaires, ses protospathaires armés de hallebardes et ses spathaires armés de sabres. Tous sont désignés par le choix de l’empereur avec le consentement de l’impératrice, car on comprend que le mari n’ait voulu s’en fier à personne pour le choix de serviteurs honnêtes et fidèles, si