EMPEREURS ET IMPÉRATRICES D’ORIENT 221 sans gloire. Charlemagne rechercha sa main, et le pontife de Rome travaillait à ce mariage, qui eût refait l’unité de l’Église chrétienne et de l’empire romain. A la fin, l’aristocratie byzantine fut soulevée d’un nouveau sentiment de révolte contre le règne d’une femme. Profitant d’une maladie d’Irène, alors retirée dans sa campagne d’Éleuthère, sept patrices formèrent un complot et proclamèrent l’un d’eux, le grand-logothète Nicéphore. Irène, arrêtée dans sa villa, obtint seulement de se retirer dans un couvent qu’elle avait bâti dans une île voisine de Constantinople. Bientôt Nicéphore, craignant qu’elle ne sortît une seconde fois de sa retraite, l’exila dans Lesbos. Elle y mourut après quelques mois de captivité, absoute par l’Église orthodoxe, qui s’obstinait à ne voir en elle que la restauratrice du culte des images, « la pieuse Irène d’Athènes ». Un rôle analogue, sous la dynastie phrygienne, fut dévolu à Théodora, fille d’un officier du thème de Paphlagonie et femme de l’empereur Théophile. Ce prince, comme ses trois prédécesseurs, détruisait partout les images et faisait brûler les mains aux moines qui les peignaient. De nouveau, l’orthodoxie proscrite trouva un refuge dans le gynécée impérial, auprès de la vieille impératrice Euphrosyne et de la Basilissa Théodora. Celle-ci faillit être trahie une première fois par un nain du harem qui parla au Basileus des « belles images » de l’Augusta; elle réussit à persuader à l’empereur que son bouffon avait pris des miroirs pour des tableaux, et l’indiscret fut fouetté. Un autre jour, une des filles de l’empereur lui raconta qu’Euphrosyne, après avoir distribué des friandises aux petits enfants, leur