298 ÉTUDES SUR L’HISTOIRE BYZANTINE Arabes de Sicile les dernières provinces que l’empire grec eût gardées en Italie, à lutter sur la mer Noire contre les Russes; il dut livrer bataille à des stratèges usurpateurs entraînant dans leur rébellion les légions romaines d’Anatolie, réduire à l’obéissance les dynastes de l’Arménie, dompter les sauvages tribus du Caucase, qui, en notre siècle, firent tête aux meilleures troupes de Nicolas Ier et d’Alexandre II, tenir en respect le khalife de Bagdad, battre les armées du sultan d’Égypte, assiéger les places fortes des émirs syriens. Telle campagne de Basile, qui en quelques semaines l’amenait, avec quarante mille fantassins montés sur des mules, du fond de la Bulgarie sous les murailles d’Alep, mérite d’être étudiée par les hommes du métier. Qui sait si, quelque jour, pour tel plan de campagne qui aurait pour point de départ les frontières russes et pour objectif celles de l’Égypte, l’audacieux raid du printemps de 995 ne deviendra pas d’actualité? VIII De tous les exploits de Basile II nous ne retiendrons ici que ses guerres contre les Bulgares. La lutte entre les deux races européennes qui se disputèrent la domination de la péninsule balkanique est autrement importante pour l’histoire du monde que les dernières convulsions des empires arabes prêts à se dissoudre. Par malheur, si les affaires d’Asie, à cette époque, nous sont bien connues grâce à la richesse des sources orientales, il n’en est pas de même pour les affaires d’Europe. M. Schlumberger