292 ÉTUDES SUR L’HISTOIRE BYZANTINE treize. Depuis un nombre presque égal d’années, puisqu’ils avaient été couronnés au berceau, ils régnaient nominalement. Ils allaient régner effectivement pendant un demi-siècle environ, le premier jusqu’en 1025, le second jusqu’en 1028. Une concorde toute fraternelle unissait les deux jeunes empereurs, grâce peut-être à l’extrême différence des esprits et des tempéraments. Constantin semble avoir été absolument insignifiant. C’était un Basileus quelconque, comme il s’en rencontre dans la longue série des souverains byzantins, ami du repos, résigné aux interminables cérémonies et liturgies du palais, bon à être peint sur une mosaïque à fond d’or avec le diadème en tête et le globe du monde dans sa dextre. Il ne parut qu’une fois sur les champs de bataille, et préféra sans doute mener avec des courtisans, eunuques, prêtres et moines, artistes ou philosophes, la vie d’un roi fainéant au fond du « palais gardé de Dieu ». Il rappelle beaucoup son aïeul, le studieux et sédentaire Porphyrogénète, et son père, le débonnaire époux de la belle Théophano. Basile II, au contraire, semble avoir hérité l’esprit d’aventure, l’infatigable activité, la passion et le talent de la guerre, l’héroïsme chevaleresque de ses deux tuteurs Nicéphore Phocas et Jean Tzimiscès. Comme eux, il passa sa vie dans les camps, guerroyant tour à tour et sans relâche au Nord et à l’Est, contre les Slaves et les Arabes, ne se reposant de ses campagnes d’Europe que par d’audacieuses algarades en Arménie, Anatolie et Syrie. Il appartient à cette série de Basileis guerriei'S, aussi braves que nos preux de l’Occident, mais ayant sur eux cette supériorité de posséder une science de la guerre.