l’hippodrome A CONSTANTINOPLE 41 les oreilles, abattait les têtes. Quand la querelle des iconoclastes eut amené les empereurs à recourir contre les orthodoxes aux persécutions et aux supplices, on vit des patriarches promenés, aux applaudissements de la populace, sur un âne dont on les forçait de tenir la queue en guise de bride, en butte aux plus ignominieux traitements, exposés aux plus cruels supplices en punition de leur attachement au culte des images. L’empereur Constantin Copro-nyme avait trouvé mieux que tout cela : pour tourner en ridicule les moines, ses ennemis, ou pour leur inculquer de vive force le goût du mariage, il les forçait à se promener dans le cirque en procession, revêtus de leur froc, ayant chacun une femme à leur bras. La plèbe les couvrait de huées et de sifflets; elle montrait autant de passion contre les sectateurs des images qu’elle en montra plus tard contre les iconoclastes, lorsque peu d’années après, dans ce même hippodrome, la réaction orthodoxe fit traîner sur la claie les ossements de Constantin Copronyme, arrachés à leur cercueil. Le fanatisme religieux fit aussi dans ce temple du plaisir ses autodafés; sous l’empereur Alexis Comnène, un illustre docteur manichéen, ayant eu l’imprudence de discuter théologie avec le prince et le mauvais goût de ne pas se laisser convaincre par ses arguments, fut brûlé vif à la fronde de l’hippodrome. Byzance eut, parmi ses princes, des empereurs qui se glorifiaient du titre de justiciers, c’est-à-dire qui aimaient à rendre la justice à la turque. L’un d’eux, qui composait des chants d’église comme le bon roi Robert, mais qui dépêchait les coupables à la façon de Louis XI, l’autocrator Théophile donna un jour à