MICHEL PSELLOS 171 faiblesses et de palinodies. Mais quelle fécondité littéraire! que de hardies initiatives dans le domaine de l’intelligence! Historien, il sert de modèle et d’autorité à tous ceux de l’âge suivant; philosophe, il est le précurseur de la renaissance platonicienne; homme d’État, il annonce le réveil de la nationalité hellénique; professeur, il ressuscite un moment l'université de Conslantinople; ses lettres nous révèlent parfois un Attique égaré dans le xi* siècle. Polyglotte et polygraphe, il n’est aucune branche des connaissances de son temps où il ne se soit fait un nom, et son savant éditeur n’ose encore dresser l’immense catalogue de ses ouvrages, qui contient déjà 225 numéros. Allatius au xvne siècle l’appelait l'incomparable Psellos : « Il n’est aucune science, ajoute-t-il, que ce grand esprit n’ait éclairée de ses remarques, popularisée par quelque abrégé, réveillée par quelque perfectionnement de méthode ». Avec cette intelligence encyclopédique et ce caractère de Bas-Empire, Byzance avait déjà produit Tri-bonien. On a aussi comparé Psellos à Bacon, chez qui le ministre a fait tort également au philosophe. Allatius croyait qu’il avait existé plusieurs Psellos. Que ne peut-on démembrer en effet le personnage, garder Psellos le savant et rejeter Psellos le grand-chambellan1 ! 1. Voir les articles de M. Egger sur Psellos dans la nouvelle édition du Dictionnaire des sciences philosophiques et dans l’édition précédente.