HELLÈNES ET BULGARES AU Xe SIÈCLE 301 funestes, ô sinistres amas de rochers parmi lesquels les fauves bondissent sur les cerfs aux abois! 0 Phaéton, toi qui guides le char du soleil, raconte ces événements à la grande âme de César1. Dis-lui que le Danube a conquis la couronne de Rome. Dis-lui de voler à ses armes. Car, hélas! les lances bulgares sont victorieuses des flèches romaines. » Il se passa dix ans avant que Basile II, absorbé par les révoltes d’Asie, où sa couronne et sa vie étaient en jeu, pût songer à prendre sa revanche. Samuel enleva Durazzo, sur l’Adriatique, sans doute pour mieux assurer ses communications avec les ennemis de l’empire grec en Italie. Vladimir, kral de Serbie, vaincu par Samuel, devint son gendre et son vassal. Le tsar de Bulgarie battit l’un après l’autre les faibles contingents, les « petits paquets » que pouvaient lui opposer les lieutenants auxquels Basile avait dû confier ses forces d’Europe. Tandis que le Basileus était à Antioche, dit le Syrien Yahia, Samuel, « cet homme belliqueux qui ne connaissait pas le repos », s’était mis à reprendre les villes qui lui avaient été enlevées par les Byzantins. A la fin de 995, il avait surpris et battu, près de Salo-nique, une armée grecque. L’année suivante, comme il venait de dévaster l’Attique et le Péloponèse, il fut lui-même surpris, de nuit, à un gué du Sperchios, par le magistros Nicéphore Ouranos. Ce fut, paraît-il, une véritable tuerie, un « bain de sang » pour les légionnaires romains; le vainqueur rapportait à Constantinople 1000 tètes coupées et 12000 prisonniers. Le tsar, après s’être dissimulé sous des tas de [1. Le poète fait allusion ici à l’empereur Nicéphore Phocas.]