274 ÉTUDES SUR L’HISTOIRE BYZANTINE dernier soupir de Douchan le Grand, devait s’exhaler, en 1355, l’âme de la Serbie, arrêtèrent également l’élan des tsars de Bulgarie vers la domination de l’Orient. Tant qu’elles ne furent pas brisées par les canons monstres et les antiques béliers du sultan Mohammed II, les Turcs eux-mêmes ne furent que campés dans la péninsule, destinés sans doute à disparaître comme toutes les hordes asiatiques qui les y avaient précédés. Du jour où ils purent à leur tour s’établir dans l’enceinte de Byzance, ils cessèrent d’être une horde pour devenir un État. IV Les grandes époques de l’histoire des Bulgares furent : le siège de Constantinople, en 924, par le tsar Siméon; la revanche qu’en prit l’hellénisme sous les empereurs Nicéphore Phocas, Jean Tzimis-cès et surtout Basile II ; enfin la Bulgarie secouant de nouveau le joug byzantin, sous l’impulsion d’une dynastie de race valaque, conquérant à son tour les provinces grecques, se heurtant, par une imprévue combinaison des événements, à la chevalerie latine, battant en rase campagne un empereur français de Constantinople et un roi piémontais de Macédoine, redevenue pour quelque temps la première puissance de la péninsule pour retomber ensuite dans l’anarchie qui devait la livrer presque sans défense à la conquête ottomane. Nous laisserons de côté cette troisième période, où pourtant notre propre histoire est intéressée par de tragiques épisodes. Nous nous en tiendrons aux