136 ÉTUDES SUR L’HISTOIRE BYZANTINE Constantin Monomaque, le nouveau fiancé de Zoé, vient de faire son entrée triomphale dans Byzance. Au moment de se perdre dans « la mer de son règne », Psellos se trouve un peu embarrassé. C'est sous ce prince qu'il est vraiment entré dans la vie politique; jusqu'alors simple sous-secrétaire d’État, il devait suppléer à l’insuffisance de ses appointements en continuant à fréquenter le barreau. C’est à lui qu’il doit ses premiers honneurs et sa fortune. « A peine sur le trône, il m’a pris pour ministre, m'a élevé à une haute situation, ne m'a rien laissé ignorer, ni de ce qu’il faisait en public, ni de ce qu’il méditait en secret; voilà pourquoi je parlerai de lui plus longuement que des princes précédents *. » Assurément Psellos est un historien bien informé, mais sera-t-il impartial et indépendant? 11 a cette prétention, et peut-être, à travers mille réticences, a-t-il donné la vraie physionomie du règne. On voit que ce qui gêne surtout Psellos, quand il se croit obligé d'adresser dans son Histoire quelque juste reproche à cet empereur, c’est le souvenir des panégyriques où il a poussé l’adulation envers lui jusqu’à ses dernières limites. L'un des discours publiés par M. Sathas commence par ces mots : « Boi soleil... » et l’orateur se lance dans une comparaison entre le soleil et Constantin, qui est toute à l’avantage de ce dernier. Ses adversaires n’ont pas manqué de tourner en ridicule son lyrisme de commande et son roi soleil. C’est sans doute pour ne point paraître se démentir que Psellos continue dans ses mémoires à comparer le défunt monarque au roi des astres : seulement ce n’est plus 1. Sathas, Bibliotheca, t. V, p. 106.