« IBIS REDIBIS 109 tions de politique intérieure mais prenant en considération la situation extérieure : Le Fascisme en Yougoslavie ne peut pas être imaginé comme une annexe mais, uniquement, comme un adversaire direct du fascisme italien et un adversaire qui entrerait en conflit avec lui sur toute la ligne. Par conséquent, établir le fascisme en Yougoslavie, ce serait jeter de l’huile sur le feu, ce serait envenimer les rapports italo-yougoslaves, ce serait créer la plus grande menace pour la {jsrix dans l’Europe centrale. C’est pourquoi l’Europe devrait garder quelque reconnaissance au roi Alexandre d’avoir, grâce à sa clairvoyance politique, repoussé l’idée dangereuse d’établir le fascisme en Yougoslavie. Tant que le fascisme règne en Italie, l’établissement de la démocratie intégrale en Yougoslavie est un péril tout aussi grand que l’établissement du fascisme. Cela paraît paradoxal mais ce n’en est pas moins vrai. Car la démocratie yougoslave encouragerait l’esprit agressif italien par l’appât d’une proie facile. Chose aussi grave, étant irréfléchie et impulsive à l’extrême, elle répondrait aux provocations des fascistes italiens avec trop de vivacité et même trop de brutalité, tout comme le ferait un fascisme yougoslave. Chez les Yougoslaves, le fascisme et la démocratie sont également éloignés du sentiment de la mesure. Et si on prend en considération le fait que toute la nation yougoslave, dans toutes ses couches sociales de haut en bas, a le sentiment très net que l’Italie fasciste poursuit la