CONCLUSIONS 209 peuple méridional, nullement comparable aux Anglais ni aux Français qui, eux, sont mûris par une longue expérience politique et ont acquis le sens de la mesure. Vers la fin de 1932 et dans les premiers mois de l’année 1933, la situation intérieure et extérieure de la Yougoslavie était vraiment très grave. C’est alors que la Yougoslavie avait le plus grand besoin de l’aide et du soutien moral des amis ! Mais c’est précisément alors que la majeure partie des démocraties anglaise et française montra une attitude d’entière incompréhension qui menaçait fortement les intérêts vitaux de la Yougoslavie et le maintien de la paix européenne : Lorsque M. Mussolini et le fascisme ont porté les derniers coups à la démocratie italienne, l’opinion publique anglo-saxonne a commencé à traiter la dictature de Mussolini, non seulement avec égard, mais avec une sympathie visible. Les Anglo-Saxons se disaient : « Pour nos pays, le fascisme est un système politique inacceptable; mais, correspondant aux besoins du peuple italien, il lui est même nécessaire, il a donné incontestablement des résultats positifs, et c’est pourquoi nous devons compter avec lui et entretenir des rapports normaux. D’ailleurs, l’organisation intérieure que peut se donner un Etat ne nous regarde point ». En 1932, le représentant le plus en vue de la démocratie française, M. Herriot, a fait sien ce point de vue anglo-saxon (voir le discours prononcé au Congrès du parti radical-socialiste à Toulouse), et près-