LA PSEUDO-DÉMOCRATIE 103 ment et moralement dégénéré, qui, étant encore collégien, pratiquait déjà le beau sport qui consistait à « taper » les amis politiques de son père pour pouvoir mener une vie de débauché et d’ivrogne. Après la mort de Stéphane Raditch, la mère envoyait ce digne fils à Paris pour y acquérir, dans les cafés et dans les boîtes de nuit, l’instruction nécessaire pour pouvoir prendre la succession politique de son père, c’est-à-dire, pour devenir, lui aussi, le « roi non couronné de la Croatie ». Car nous autres Yougoslaves nous avons la rare chance d’avoir eu, dans un passé assez récent, une « dynastie démocratique » des Pachitch et en ce moment d’autres « dynasties démocratiques » qui prétendent au trône, celle de Pribitchévitch et celle de Raditch ! Dans la démocratie yougoslave, la lutte pour les idées, les principes et les programmes était tout à fait secondaire. Nombreux étaient les partis yougoslaves, une vraie mosaïque, mais tous avaient des programmes politiques presque identiques. La lutte était au premier chef une lutte de personne et elle fetait conduite selon le principe du bandit turc des grands chemins, Moussa Kessedjiya (personnage de la poésie populaire yougoslave) « passe de côté ou incline-toi » ! Malheur aux petits vassaux politiques qui faisaient mine de ne pas céder devant les grands seigneurs de l’oligarchie démocratique! Malheur aux rois qui ont perdu la bienveillance des arrogants seigneurs démocratiques, car alors tous les moyens sont bons pour les combattre !