76 CRUCIFIÉS AU CARREFOUR diaire de Vienne et de Budapest. Evidemment, ces services, Vienne et Budapest ne les ont point faits pour les beaux yeux de Zagreb, mais en vue d’une large rémunération. Et lorsque, grâce à leur appui, Zagreb est devenu le centre financier et économique le plus puissant de la Yougoslavie, elle devint en réalité la succursale de la haute finance de Vienne et de Budapest qui ne se borna pas aux opérations et aux profits purement commerciaux. Ayant acquis une influence économique et financière prépondérante, les capitaux viennois et budapestois ont commencé sous le masque et très habilement à conquérir, au surplus, une influence politique dans le pays. Et il est arrivé très souvent que de naïfs paysans croates, et même de petits bourgeois, ont dans la lutte politique brisé des lances en faveur des intérêts matériels et politiques de capitaux étrangers qui étaient leurs véritables ennemis, tout en étant convaincus qu’ils luttaient dans leur propre intérêt, dans l’intérêt de la soi-disant cause croate. Dans la période de démocratie qui va de 1918 jusqu’en 1928, la Yougoslavie perdait de plus en plus son équilibre moral, économique et social. Cela n’avait, d’ailleurs, rien d’exceptionnel car à la même époque la psychose mé-galomaniaque a envahi toute la société bourgeoise, en Amérique plus encore qu’en Europe, de sorte qu’on peut dire que la crise de la société bourgeoise qui sévit actuellement, l’ébranlement de ses fondements même, n’est en réalité que la rançon de sa tentative pour