VOULOIR RÉCOLTER SANS AVOIR SEMÉ Salonique. Ils ont fourni aussi le gros des émisés politiques qui ont agi dans le Comité yougoslave à Londres. Nombreux ont été aussi les Croates et les Slovènes du littoral adriatique qui ont souffert durant des années dans les camps de concentration. D’autre part, l’action pour disloquer l’Autriche, en la minant à l’intérieur, a été conduite également par les Croates et les Slovènes du littoral adriatique, en compagnie de f Tchécoslovaques (la « Camorra » tcliéco-you-goslave). Quant à Zagreb, par le nombre de ses volontaires yougoslaves, de ses internés dans les camps de concentration, de ses cons-pirateurs contre l’Autriche-Hongrie, elle oc- fÎcupait la dernière place. Elle était également la dernière dans l’action parlementaire contre l’Autriche-Hongrie, action où le premier rôle, à côté des Tchécoslovaques, a encore été joué par les Croates et Slovènes du littoral adriatique, députés dans le « Reichsrat » autrichien, suivis par Zagreb qu’avec peu d’empressement et de loin. Cet état de chose a duré jus- 1 qu’à l’automne 1918, et c’est seulement à ce moment-là, lorsqu’il était évident que l’Autriche était perdue et que son démembrement était inévitable, que Zagreb s’engagea pleinement dans l’action pour la libération nationale des Yougoslaves. Ce n’était pas pour y apporter des sacrifices mais uniquement pour recueillir le fruit des sacrifices des autres : c’était vouloir récolter sans avoir semé. Au dernier moment, Zagreb se posa en chef dans le mouvement pour la libération et pour