160 CRUCIFIÉS AU CARREFOUR 1920, un mémorandum qui proposait comme frontières entre la Yougoslavie et l’Italie la très favorable « ligne Wilson » avec de petites corrections, laissant à la Yougoslavie presque la moitié de l’Istrie, le sud de la Carniole (Idrie, Postoïna, et Sneznik) et prévoyant pour les villes Rieka (Fiume) et Zadar (Zara) le régime des villes libres sous la protection de la S. D. N. (et même pour Zadar une union douanière avec la Yougoslavie). Nicolas Pachitch, hiomme d’état expérimenté, se rendit compte immédiatement des avantages de cette proposition pour son pays, en proposa l’acceptation, estimant avec raison que la question des frontières avec l’Italie recevait ainsi son règlement définitif puisque l’Italie elle même les proposait, et ceci d’autant plus que la France et l’Angleterre la secondaient et qu’elles en étaient en quelque sort garantes. Le ministre des Affaires étrangères yougoslaves, M. Troumbitch, s’opposa au point de vue de Paschitch et le mémorandum si avantageux pour la Yougoslavie fut repoussé . Neuf mois plus tard M. Troumbitch négociait et signait avec l’Italie le traité de Rapallo par lequel la Yougoslavie abandonna à l’Italie la province d’Istrie tout entière, la partie sud de la Slovénie (avec Idria, Postoïna et Sneznik) ainsi que la ville de Zadar, tandis que la ville de Rieka obtenait un statut qui créa une situation telle qu’en 1924 déjà Fiume a été cueillie comme une pomme mûre par l’Italie. Ce n’est pas tout : le traité de Rapallo a été la source de toutes les dif-