LE PÉRIL ÉCARTÉ 165 à l’égard de Belgrade, de tous les Serbes et du régime yougoslave actuel. Ce n’est nullement une proposition fraternelle qui aurait pour but d’apporter une solution raisonnable et positive au problème des rapports serbo-croates. Faire des propositions semblables, c’est cracher à la figure de la Serbie pour provoquer des représailles brutales. Le roi Alexandre a établi le régime autoritaire pour donner le maximum de satisfaction à celles des revendications croates qui sont justes, pour trancher le litige serbo-croate en ne faisant appel qu’au sentiment de justice, d’objectivité et à la compréhension des intérêts légitimes des deux côtés. Pour satisfaire avant tout les Croates, le roi a supprimé la Constitution de Yidovdan, a donné à l’Etat le nom de Yougoslavie et a divisé administrativement le pays en 9 banovines. Le roi Alexandre traita les Croates avec tant d’égard et de compréhension que parmi les Serbes le régime autoritaire a été vite qualifié de croa-tophile. Pour sortir de l’imbroglio serbo-croate, le roi Alexandre a quitté son piédestal royal, est descendu dans l’arène politique, s’est exposé aux attaques, a mis en jeu même les intérêts de sa dynastie. Puisqu’il en était ainsi, la loyauté la plus élémentaire et le bon sens devaient engager les Croates à aider le roi dans l’accomplissement de sa tâche délicate, ce qui leur aurait valu de grands avantages : en appuyant le régime personnel de leur loyalisme et de leur collaboration active, ils auraient obtenu des satisfactions plus il