14fi L’ÉVOLUTION POSSIBLE tinski lui survit. Sous le régime russe, les Polonais travaillent et prospèrent. Chez eux grandit un de ces grands centres industriels qui, derrière les barrières douanières de l’empire des tsars, fournissent l’immense marché de l’Europe orientale et de l’Asie septentrionale. Une bourgeoisie aisée d’industriels, de moyens propriétaires, d’avocats, de professeurs s’est constituée. Elle est animée d’un nouvel esprit (I). Entre Polonais et Russes, il semble qu’il n’existe plus guère qu’une lutte religieuse — catholicisme contre orthodoxie. La lutte nationale paraît prendre fin. Au contraire, les Polonais du duché de Posen, de Silésie, des provinces de la Prusse orientale et de la Prusse occidentale, et ceux qui se sont établis à Berlin, en Saxe, en Westphalie et dans la Prusse rhénane sont menacés de germanisation, de mort nationale (2). Les trois tronçons polonais oublient graduellement leurs autres griefs et mobilisent toutes les forces matérielles et morales dont ils disposent, pour faire face au danger prussien. On se souvient des brutalités dontfurent victimes les enfants de l’école de Wrezno (3) pour avoir refusé de réciter leur catéchisme en allemand et (1) Lire le roman de Sienkieyvicz, la Famille Polaniecki. (2) Le Novoié Vrémia a publié une enquête des plus intéressantes sur l’état des esprits dans la province de Posen. (3) Wreschen, en allemand.