DE L’AUTRICHE-HONG RIE 137 Le Habsbourg s’aperçoit que, depuis la conclusion de la triple alliance, l’Autriche n’a exercé aucune influence sur l’empire allemand. Au contraire, les hommes d’État de Berlin sont maintes fois intervenus dans les affaires intérieures de l’Au-triche-Hongrie. J’ai parlé de crises ministérielles à l’origine desquelles 011 trouvait la main de l’étranger. O11 pourrait citer, parmi bien d’autres faits, telle inspection de caserne à propos de laquelle fut méconnue le principe de non-intervention, en dehors duquel il n’est guère de rapports sans froissement et d’alliance entre égaux. Enfin, le Habsbourg paraît résolu à ne pas permettre la continuation de la campagne pangerma-niste et de celle du Los von Rom, organisées de l’autre côté de la frontière. Il est froissé dans son légitime amour-propre et inquiété dans sa conscience. Guillaume II a bien fini par s’en apercevoir. D’où l’expression répétée des « sentiments de fils » qu’il a pour son «ami paternel » (I). D’où aussi, pour une bonne part, les avances faites aux catholiques par l’empereur allemand : comment peut-on l’accuser de favoriser le mouvement Los (1) Toast cité de Budapest (1897). — De même le prince royal exprimait à l’empereur-roi François-Joseph ses « sentiments de cordial respect et de chaleureuse sympathie » (Hofburg, avril 1901). L’empereur allemand sait quel prix peuvent avoir en diplomatie les sentiments de parenté et d’amitié : sans le respect et l’affection qu’Alexandre II avait pour son oncle Guillaume Ier, qu’aurait été l’histoire de Prusse?