72 LA THÉORIE I)E LA DISLOCATION venirs historiques, de droits naturels et d’appétits. Bien plus, les plus forts prétendent profiter de leurs avantages pour dominer et exploiter les faibles. D’où ces deux mots de Palatsky que chacun des coassociés répète tour à tour : « Si l’Autriche n’existait pas, il faudrait l’inventer. — Nous existions avant l’Autriche, et nous lui survivrons ! » Les difficultés que les Etats et nations ont entre eux et avec leur arbitre, l’empereur-roi, se traduisent par des luttes constitutionnelles. Toute l’histoire intérieure de l’Autriche-Hon-grie peut se résumer en une série d’oscillations entre le centralisme et le fédéralisme. Nous connaissons le centralisme germanisa-teur. Les systèmes fédéralistes sont multiples. On peut penser à fédérer les nations. Mais il suffit, pour se rendre compte des difficultés que comporte ce système, de regarder une carte ethnographique d’Autriche-Hongrie : les nations y sont enchevêtrées, et parfois superposées. On peut fédérer les groupements historiques. L’Autriche deviendrait alors comme une Suisse monarchique : —jusqu’au début du quatorzième siècle, une partie seulement des cantons suisses étaient membres de la confédération; d’autres en étaient