AVANT-PROPOS XXIX côté de l’est l’expansion historique allemande est arrêtée. Le temps est passé où les Germains s’avancaient, fondant des marches entre l’Elbe et l’Oder, construisant des châteaux en pleine Lithuanie, colonisant les rivages orientaux de la Baltique, puis annexant des morceaux de Pologne. De ce côté, la frontière russe rend tous les espoirs vains. Il a fallu, sous Alexandre III, renoncer même à l’influence exercée à la cour et dans l’armée de l’empire des tsars. Le vieille poussée vers l’est, le courant vers l Orient — Drnng nacli Osten — a été dévié vers le sud-est. L’empire allemand a lié partie avec l’empire ottoman (1). Les hommes d Etat de Berlin tentent de créer des deux côtés du Bosphore — dans la péninsule balkanique et en Asie occidentale — des sortes d Indes germaniques. Or, toutes les voies de terre qui conduisent de l’empire allemand à l’empire ottoman passent par la vallée moyenne du Danube ou par la plaine galicienne — c’est-à-dire par territoire austro-hongrois. (J.) Voir dans la Revue de Géographie de mars, avril, mai, juin 1902 un tableau d’ensemble des « intérêts allemands dans l’empire ottoman » , par M. André Brisse.