10 LA THÉORIE DE LA DISLOCATION 11,730,000 Allemands. 8.610.000 Magyars. 3.020.000 Roumains. 800,000 Italiens. Ce sont là les principales nationalités, auxquelles il faudrait, pour être complet, ajouter des Juifs (1), des Tziganes (2), des Arméniens (3), des Alba- (1) Dans la statistique des religions on trouve 2.200.000 Juifs. Dans la statistique des nationalités, ils ont disparu. Une note nous apprend qu’ils ont été comptés avec les populations parmi lesquelles ils vivent. Pour des Juifs aussi peu assimilés que ceux de Galicie, par exemple, cette façon de procéder est défectueuse : peu m’importe qu’ils soient d’une race spéciale et qu’ils aient leur religion distincte; mais je ne puis négliger le fait qu’ils ont conservé leur nationalité propre. Nous découvrons là un des procédés employés dans l’administration pour grossir, sur le papier, le nombre des Allemands. On peut être, en effet, certain que partout où des Allemands, si peu nombreux soient-ils, coexistent avec une autre nationalité quelconque, tous les Juifs sont comptés comme Allemands. A l’appui de ce système, 011 peut dire que presque ton» les Juifs non européanisés d’Autriche-Hongrie parlent un jargon allemand. Déplu*, politiquement ils font le jeu des Allemands : pourquoi, étant donné l’état de la législation et des mœurs dans l’empire allemand? La raison est difficile à donner : est-ce parce que presque tous ces Juifs ont longtemps séjourné en Allemagne avant d’émigrer en Pologne? Est-ce parce qu’ils sont en relation suivie avec les banquiers juifs de Berlin ? N’est-ce pas plutôt parce que les Allemands sont les plus forts : — en Hongrie» bien des Juifs se comportent en bons Magyars; en Bohême, depuis qu’il y a à compter avec les Tchèques, beaucoup de Juifs ont passé dans le camp slave. (2) Surtout en Hongrie, où leurs bandes errantes sont un véritable fléau. — On trouve quelques Tziganes sédentaires, notamment, en Bosnie, un village près de Sarajévo. (3) Chassés de leur pays, ils se sont établis en Transylvanie. Ils