DE L’AUTRICHE-HONGRIE 125 Joseph II (1); les tentatives de germanisation au dix-neuvième siècle — avaient pour but, moins de faire triompher tantôt le catholicisme et tantôt les idées du dix-huitième siècle, ou d’assurer par l’unification la solidité de l’Autriche que de donner un aspect allemand à tous les États habsbourgeois. Il fallait qu’ils puissent peser de tout leur poids sur l’Allemagne et la fixer. — « La langue allemande est la langue universelle de mon empire. Je suis l’empereur d’Allemagne : les Etats que je possède sont des provinces qui ne forment qu’un seul corps avec l’État dont je suis la tête. Si le royaume de Hongrie était la plus importante de mes possessions, je n’hésiterais pas à imposer sa langue aux autres pays » , écrivait Joseph II à un magnat qui avait protesté contre l’introduction de 1 allemand en Hongrie. — « Je suis un prince allemand », a dit lui-même l’empereur-roi François- Traditionnellement, non seulement la dynastie, mais la cour, la plus grande partie de la noblesse, la haute armée austro-hongroise, la bureaucratie cisleithane, dont l’influence sur la marche des (1) « Iiien ne fut négligé pour réduire la Bohême et la Hongrie au rang de simples provinces. L’empereur prétendait germaniser à tout prix les deux royaumes et les gouverner en tyran libéral. L Autriche, devenue allemande, aurait, à son tour, assimilé 1*A 11e-,l*agne tout entière et formerait aujourd’hui, avec elle, un Etat de près de 80 millions d’habitants. » M. Louis Léger, Histoire de ! Autriche-Hongric, p. 377.