130 L’ÉVOLUTION POSSIBLE croire que les temps d’Hohenwart étaient revenus. Auersperg venait de donner sa démission. Le parti « constitutionnel libéral », gardien du système allemand et centraliste, perdait le pouvoir. On prévoyait que le ministère Taaffe et les fédéralistes allemands allaient traiter avec les Slaves. A côté des Allemands centralistes, les Polonais allaient se montrer les défenseurs de l’alliance allemande. La schlachia, satisfaite de l’autonomie galicienne, pouvait faire une politique à part sans s’inquiéter des autres Slaves. Certains députés polonais étaient dans les mains de la haute banque, favorable à Berlin. D’ailleurs la haine de la Russie remplissait alors les cœurs des Polonais. Ils reniaient leurs origines slaves. Les Magyars étaient enthousiastes de l’alliance allemande. L’un des leurs, le comte Andrassy, en avait eu, au moins en apparencç, l’initiative. Les clubs politiques de Budapest l’avaient énergiquement soutenu. La Hongrie, en effet, devenait en quelque sorte directement partie à un contrat international. Or il ne faut pas oublier qu’elle ne jouissait que depuis douze ans de son indépendance d’autrefois. Elle trouveraità Berlin un appui contre les tentatives centralistes que Vienne pouvait encore oser. Bien plus, la nation magyare se souvenait, comme d’événements encore récents, des grandes batailles de 1848 et de 1849. Lés Groatea de Iélatchitch et le6 Serbes du banat avaient