134 L’ÉVOLUTION POSSIBLE publié le 10 février 1903 par la Revue politique et parlementaire, que l’appât présenté aux intérêts hongrois, est essentiellement de nature économique. La direction des lignes ottomanes, la gradation de leurs tarifs, l’établissement de musées industriels hongrois dans les entrepôts essentiels de la péninsule, le système de concentration à Budapest de toutes les commandes adressée à ces musées-comptoirs, la manière dont ils sont subsi-diés, la nature des stipulations, moyennant lesquelles certains emprunts d’Etat sur les chemins de fer ont été conclus en Serbie et en Bulgarie, la politique douanière observée à l’égard de l’exportation serbe, l’envahissement de l’Adriatique par les compagnies à vapeur hongroises, au détriment du commerce italien, tout porte à croire en un mot, que l’accord entre Germains et Magyars se réduit, en grandes lignes, à un partage d’influence tel que le commandement politique revient à Berlin, tandis que les profits industriels sont abandonnés en très large part à Buda-Pesth (1). Je crois avoir montré que 1’ « appât « présenté aux Hongrois n’était pas exclusivement économique. D’autre part, il ne me semble pas que les bénéfices de l’expansion balkanique aient été longtemps réservés aux seuls Hongrois, ni même aux Austro-Hongrois. L’Autriche-Hongrie en avant-garde et l’empire allemand formant le gros de l’armée ont entrepris ensemble la conquête commerciale de la péninsule des Balkans. Le Drang, venant d’Allemagne (1) P. 261.