LA THÉORIE DE LA DISLOCATION 21 Dans Goritz et Gradica, les Italiens forment les 36 centièmes de la population, et dans l’istrie les 38 centièmes. À Fiume, ils ont la municipalité (1), grâce à l’appui des autorités magyares. Dans toutes les villes de Dalmatie existent des colonies italiennes fondées par Venise. Mais les Italiens ont perdu la majorité partout, sauf dans la capitale Zara (2). Les nations slaves sont géographiquement divisées en deux tronçons, que séparent les masses allemande et magyare complétées, vers l’est, par le groupe roumain (3). quinzième siècle, quand les décrets sont envoyés de Vienne en langue allemande, on proteste, puis on crée une procédure bien significative : les décrets sont portés au conseil ; un des trois juges recteurs les place sur sa tête super caput ob reverentiam principis ; puis, comme il ne peut les comprendre, quia non intel-ligitur, il les renvoie à un traducteur juré. A cette époque, toute une série de mesures avaient déjà été prises pour faciliter l’achat des vins d’Istrie aux marchands allemands, «« les Triestins ne sachant pas l’allemand » . (1) Toutefois, il y a quelques mois, à des élections partielles, deux Croates ont été élus — et aussitôt invalidés. — Le gouvernement hongrois tient à avoir à Fiume des hommes sûrs : la municipalité a, en elfet, la consigne permanente de ne jamais convoquer le collège électoral qui, constitutionnellement, devrait élire deux députés à la diète de Zagreb. (2) En croato-serbe, Zadar. (3) Autrefois, les Slovaques ou grands Slaves et les Slovènes ou petits Slaves se touchaient. De la Bohême à l’Adriatique, dans toute la puzta, habitaient des tribus slaves groupées en un puissant