LA THÊORtE DË LA DISLOCATION présentais comme député séparatiste, je n’aurais pas seulement affaire au gouvernement. Je ne serais pas réélu. « Restent les Slaves et les Magyars. Autrefois, on se figurait, en Europe occidentale, que, sauf les Polonais, tous les Slaves d’Autriche, les Tchèques en tête, étaient panslavistes. On les accusait de préparer avec enthousiasme leur annexion à la Russie. Aujourd’hui, cette théorie saugrenue — qui serait maintenant plus fausse que jamais — est démodée. Mais on tombe dans l’excès contraire. On représente trop souvent les nations slaves comme sans liens entre elles. Sans doute, chacune a sa personnalité, qu’elle entend conserver à tout prix. Presque toutes ont leur langue spéciale (1). Leurs intérêts sont parfois opposés. Mais il existe un' sentiment de solidarité et de fraternité slaves (2). Il unit les (1) lies Slaves d’Autriche-IIongrie prétendent qu'ils arrivent à se comprendre sans trop de peine en parlant chacun sa langue. Ils tiennent même des congrès — notamment des congrès de presse — où chacun parle dans sa langue et où ni les discours ni les rapports ne sont traduits. On s’en tire. — Toutefois ils sentent le besoin d’une langue unique : le russe leur paraît de plus en plus indiqué. — Bon nombre d’entre eux, dans les classes cultivées, savent toutes ou à peu près toutes les langues slaves : elles se ressemblent et ils sont merveilleusement doués pour l’étude des langues. (2) Voir Revue politique et parlementaire : Les destinées de la Russie au point de vue nationaliste (10 août 1899) et : L^e rappro-