142 L’ÉVOLUTION POSSIBLE austro-hongrois la libre sortie de l’Adriatique. Or, en Albanie, la Russie n’a rien à voir. Les Slaves voisins ne pourraient que gagner à ce que la police des belliqueuses et pillardes tribus skipétares fût faite par une grande puissance (1). Au contraire, la route de Salonique traverse des régions peuplées par des Slaves orthodoxes. Mais pourquoi ne pas appliquer au profit de ce chemin de fer de Sarajevo à Salonique par Mitrowitza (2) et à son port terminus le système qui fonctionne à la satisfaction de tous pour la navigation des fleuves (1) La difficulté concernant le sandjak de Novibazar, peuplé par des Slaves, et celle concernant le Monténégro, que la Russie ne voudrait pas sans doute laisser enclaver, ne sont pas insolubles. Ce ne serait pas la première fois que seraient constituées des servitudes de passage de troupes. La voie maritime serait d’ailleurs ouverte à l’Autriche. Le vrai obstacle à l’occupation de l’Albanie par l’Autriche est à Rome : l’Italie, elle aussi, a des visées sur la côte et les marchés albanais. Mais je n’ai pas ici à étudier ce problème. Je note simplement que le Secolo de Milan (29-30 juillet 1903 : una strana affermaxione) a trouvé extraordinaire que j’aie fait allusion (Questions diplomatiques, 15 juillet 1903) à des projets de l’Italie sur les Balkans : il est inutile de renvoyer le journal milanais aux ouvrages italophiles et de documentation italienne de M. Charles Loiseau, ni aux documents italiens qui sont foule. Le Secolo a eu, il y a un an et demi, la bonne idée de solliciter de M. Karel Kramar un interview des plus intéressants, où il est parlé de l’Albanie. Je me contente donc de renvoyer le Secolo à son numéro des 11-12 février 1902. (2) Actuellement les voies ferrées venant de Vienne et de Budapest s’arrêtent à Sarajévo, et celle venant de Salonique à leur rencontre finit à Mitrowitza. Le prolongement du chemin de fer de Sarajévo vers Mitrowitza a été décidé par l’Autriche-Hongrié en septembre 1900,