74 LA THÉORIE DE LA DISLOCATION Ils ont espéré consolider ainsi leur domination sur le reste de l’empire (1). Je n’ai point à prendre parti dans ce débat de politique intérieure et à rechercher quelles en seront, dans l’avenir, les solutions. C’est là le rôle des intéressés, qui sont tout désignés pour plaider la cause de leur nation et de leur État devant l’opinion européenne (2). Parmi les Français, ceux-là seulement dont toute la vie est un gage de leur impartialité scientifique peuvent entreprendre une pareille tâche sans danger (3) Marquer ici plus nettement mes préférences serait mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce. C’est inutile. Ce serait maladroit et indiscret. Je n’ai toutefois pas voulu m’en tenir à un dénombrement des grandes forces administratives et sociales^sur lesquelles la maison d’Autriche peut légitimement compter pour retenir groupés ses multiples États : la haute administration ; le (1) Ils ont peu après complété leur œuvre en écartant les Polonais de la coalition slave. (2) Voir notamment, pourles Tchèques, les articles publiés parle comte François deLutzow dans la Nineteenth Ccntury(the Bohemian Question, décembre 1898. — Austria at the end of the century, décembre 1899), et par M. Karel Kramar, ancien vice-président du Reichsrath, dans la Revue de Paris (L'avenir de V Autriche-Hongrie, 1er février 1899) et dans la National Review. [Europe and the Bohemian Question, octobre 1902.) (3) C’est ainsi qne M. Jacques Flach a pu étudier les questions d’Àutriche-Hongrie à son cours du Collège de France.