DE LA TR1PLICE A LA QUADRUPLE-ENTENTE 199 Il en a été de même pour la Libye. Pour obtenir les mains libres au Maroc nous avions, par réciproque, proclamé notre désintéressement quant à la Tripoliiaine. Mais c’était peut-être un peu trop, comme le dit encore M. André Tardieu dans le livre que nous venons de citer, avec l’arrière-pensée que l’Italie ne réaliserait pas son hypothèque, que la permission resterait « platonique ». Ici, l’erreur a eu une autre cause. Elle est venue d’une estimation inexacte des sentiments, des volontés et des forces de l'Italie. On ne croyait pas plus au nationalisme italien qu’aux progrès et au développement du pays. Là encore, en France, l'opinion publique retardait sur le siècle, vivait sur des idées toutes faites, sur une conception des choses et une vision de l’Europe vieilles de cinquante ans. Ali ! n’ignorons plus nos voisins : c’est le meilleur moyen de vivre avec eux en bons termes. N’évaluons pas les uns au-dessus, les autres au-dessous de ce qu’ils peuvent : et les événements nous laisseront moins déçus et moins meurtris. Cette expédition de Tripolitaine, qui avait amené entre la France et l’Italie des incidents regrettables, une fâcheuse tension, devait donc aussi faciliter, par rapport à l’opinion italienne, le renouvellement de la Triplice, renouvellement