LES ADAPTATIONS DE LA MAISON DE SAVOIE fi9 à laquelle s’était associée la maison de Savoie. C’est pourquoi elle a achevé ses jours au château piémontais de Moncalieri. C’est là qu’elle a vécu son existence de privations, de recueillement et de charité. Fille, sœur ou tante des rois d’Italie, elle refusait de s’associer à leur triomphe dont pourtant elle s’était faite la servante volontaire. Rome capitale ne la voyait pas : elle eût craint par sa présence de paraître approuver l’événement de 1870. Lorsque le prince Napoléon entra en agonie dans un hôtel voisin de la place du Peuple, la princesse Clotilde poussa le scrupule jusqu’à demander à Léon XIII la permission de venir à Rome. En 1878, à la nouvelle que son père allait mourir, elle s’était décidée à se rendre au Quirinal. Puis, apprenant en chemin la mort de Victor-Emmanuel II, elle était rentrée à Moncalieri. Ainsi la princesse Clotilde, sacrifiée à l’avenir de la maison de Savoie, en aura été comme la pure martyre. Quant à l’Italie nouvelle, qui n’est pas ingrate, elle conserve un souvenir de reconnaissance à la jeune fille de sang royal qui s’est dévouée jadis pour elle, et dont la figure restera dans l’histoire italienne comme le symbole de la conciliation et de l’alliance entre deux traditions contraires. Ce doux fantôme, môlé aux