166 LA GUERRE ET L'ITALIE nino. Ainsi M. Giolitti aura semé et d’autres auront récolté. Mais, par lui, l’Italie aura été mise en mesure de faire au dehors de la grande politique : c’est ainsi, du moins, nous semble-t-il, que l'histoire en jugera. Déjà, à l’intérieur de la Chambre, qu'il dominait de son autorité, M. Giolitti avait pratiquement supprimé l'existence des partis, usés les' uns contre les autres par un frottement vigoureux. Les effets du même travail se faisaient sentir sur l’opinion publique où les conflits d’autrefois tendaient à s’apaiser par l’oubli des passions et l’obscurcissement de l’ancien idéalisme révolutionnaire. Longtemps, la nouvelle Italie* dans la crainte d’un retour offensif de l’Eglise, avait demandé protection et défense aux influences contraires, et elle avait dbnné à la franc-maçonnerie une place importante dans l’Etat. Phénomène tout naturel, d’ailleurs. La franc-maçonnerie, par le rôle qu’elle avait rempli dans l’unification de l’Italie, s’était incorporée à son histoire, par conséquent à sa vie publique. Mais du jour où la maçonnerie cesserait d’apparaître au peuple italien comme un des instruments de l’unité, elle devait perdre sa raison d'être et la plus grande part de son prestige. Cependant ce n’était pas une tâche facile de