198 LA GUERRE ET L'ITALIE « nous l'avons pratiqué est, à coup sûr, moins « digne d’éloge : c’est ainsi qu’il fut imprudent « de compromettre par la visite à Rome du prête sident Loubet nos relations avec le Saint-Siège « et, par là, de préparer la rupture du Concordat. « Mais c’était à nous de mieux apprécier nos inet térêts, et, du fait de notre erreur, l’Italie n'en-« court aucun reproche. De même, il est certain « qu’elle a bénéficié dé l’affaiblissement de notre « situation en Orient et que, par l’accord du mois « de janvier 1907, nous avons consacré à son « profit cet affaiblissement. Mais, ici encore, nous « sommes les seuls coupables de n’avoir pas « prévu qu'en rompant avec Rome nous per-« drions tôt ou tard les avantages attachés à « l’exercice du protectorat catholique dans le Le-« vant. » (1) L’erreur, au fond, avait consisté à prendre l’Italie pour une puissance fossile, à croire qu’elle en était restée au même point que nous-mêmes, qu’elle menait une lutte philosophique contre le catholicisme et la papauté, alors qu’elle méditait surtout de capter ces deux forces au profit de son expansion. Le quiproquo découvert a créé de l'irritation : faute sur faute ! Qu’au moins le souvenir n’en soit pas perdu. (1) La France et les alliances, p. 108.