DE LA TRIPLICE A LA QUADRUPLE ENTENTE 195 furent pas plutôt constitués en deux groupes hostiles, — Triple-Alliance d’un côté et Triple-Entente de l’autre, — qu’ils essayèrent de tempérer ce qu’il y avait d’abrupt et de favorable aux collisions dans le système, comme s’ils eussent pressenti qu’en s’efforçant de rétablir en Europe l’équilibre menacé par la force de l'Allemagne, ils avaient créé une occasion plus sûre de faire naître le conflit redouté. On vit donc, pendant plusieurs années, tous les membres de l’hexarchie européenne rechercher tour à tour, après l’assurance que leurs alliés leur avaient apportée, une sorte de contre-assurance auprès des alliés du groupement adverse. Ce n’étaient plus des « tours de valse », mais des figures de danse complètes. La Russie, par l’entrevue de Potsdam, se mettait d'accord avec l’Allemagne. Le gouvernement français entretenait les meilleures relations avec la monarchie austro-hongroise, et le collier de Saint-Étienne, donné par l’empereur François-Joseph à M. Fallieres après l’annexion de la Bosnie, porte témoignage de cette politique, servie par la mission de M. Crozier à Vienne. C’est ce qu’on appelait alors en France la « pénétration des alliances ». Les alliances faisaient plus que de se pénétrer: jusqu’en 1912, elles se confondirent. L Italie surtout, avec sa souplesse, excellait dans