i.’iTiNKitAiiíi: di: Yougoslavie que des rudiments du costume dalmate. Ils ont perdu le dolman rouge, le gilet brodé, la ceinture bourrée de pistolets à crosse de cuivre, toutes les belles choses qu’on voit encore à Sign (Sinj), dans la haute vallée, aux jeux de la Alka. Ils n’ont plus de chez eux que la chemise h plastron brodé et la kapa toute pareille à celle de Croatie, noire, à fond rouge, avec une longue frange de soie noire qui tombe sur la nuque. Mais les femmes, surtout les jeunes filles, gardent intact le costume de la province. Le minuscule toquet de velours ou de drap rouge qui occupe le sommet de la tête est maintenu par un foulard noué sous le menton et retombant en pointe dans le dos. Elles mêlent à leurs tresses blondes des torsades de laine multicolore et portent sur le front un rang de piécettes d’argent suspendues à une chaînette d’or. Leur corsage de lin blanc a le devant, les épaules et les poignets ornés de fines broderies géométriques. Sur leur jupe ballonnante, de toile blanche ou de laine outremer, flotte un tablier de cotonnade maintenu par une ceinture de tapisserie. Elles ont les jambes engoncées dans d’épais bas de laine à grands dessins de couleurs crues, agrémentés à la cheville de fleurs en relief, et portent des opanké larges et relevés du bout. Pendant que nous faisons la sieste sous un micocoulier, au bord de la route éblouissante qui mène à Zara, nous voyons venir toute une bande de garçons et de filles qui s’en vont vers je ne sais où, à travers ce désert poussiéreux. Ils nous entourent avec une curiosité qui n’a d’égale que la nôtre. Les filles contemplent dans l’extase la robe de tricot de soie nacrée que porte Marie-Jeanne, pendant que celle-ci admire les broderies de leurs vêtements de paysannes. Il se fait aussitôt, entre ces femmes de deux civilisations, un échange spontané, au milieu d’éclats de rire interminables. Les petites paysannes dénouent leurs ceintures qui sont d’exquises I