XXVI L’ATTENTAT DE SARAJEVO 28 juin 1914 'ai essayé de reconstituer sur place l’attentat de Sara- jevo, dans sa vérité la plus simple, en le dépouillant de ce néo-romantisme du reportage qui envahit l’histoire. Je l’ai fait d’après les documents que m’ont fournis les Archives de la ville et d’après les importants éclaircissements que m’a donnés, à Stolatz, Mehmedbachitch, le seul des conjurés qui soit encore vivant. Nous allons d’abord à Ilidj a, sur la route de Mostar, à onze kilomètres de Sarajevo, là où s’est passé le premier acte de la tragédie. C’est une station thermale sulfureuse, non loin des sources de la Bosna qui forment là un sous-bois de guinguette avec des eaux courantes et de petits étangs endimanchés. En 1878, dans une plaine, au pied de la montagne, l’Etat autrichien a fait dessiner et planter un grand parc semblable à tous ceux des villes d’eaux. Au centre, l’ordinaire jardin de fleurs et de palmiers est encadré par un restaurant et deux grands hôtels, le tout de ce style impersonnel que l’on trouve à Contrexéville, à Vichy et ailleurs. En 1914, les deux hôtels s’appelaient Austria et Hungaria. Ils s’appellent maintenant Serbia et Hertzegovina. Derrière le Serbia, un troisième hôtel,